« – Il est écrit dans le livre saint, répondit Monte Cristo: “les fautes des pères retomberont sur les enfants jusqu’à la troisième et quatrième génération.” Puisque Dieu a dicté ces propres paroles à son prophète, pourquoi serais-je meilleur que Dieu?
– Parce-que Dieu a le temps et l’éternité, ces deux choses qui échappent aux hommes. »

 

Paru en 1844-1846, Le Comte de Monte-Cristo connut un succès qui ne s’est pas démenti, ce qui en fait une des oeuvres les plus populaires de la littérature mondiale. Le comte de Monte-Cristo est un livre sur la vengeance, sur l’argent et l’intelligence. C’est aussi l’histoire d’une métamorphose, celle d’Edmond, un jeune homme vertueux qui après avoir subi une terrible injustice se mue en machine à punir. Il est partiellement inspiré de faits réels, empruntés à la vie de Pierre Picaud. Une bonne partie de l’œuvre est due à Auguste Maquet, le “nègre” de Dumas, mais il revient à Dumas d’avoir transformé ce qui était à l’origine un fait divers. Le roman a connu un succès immédiat considérable. 172 ans plus tard, la postérité de Dumas n’a toujours pas faibli. Son influence gagne en force dans le monde entier, et ce, dans tous les arts, qu’il s’agisse du cinéma, du théâtre ou de la bande-dessinée.

La vengeance est un plat qui se mange froid, mais certains offensés l’assaisonnent avec raffinement tel qu’ils l’élèvent au rang d’une gastronomie. Edmond Dantès, le héros du Comte de Monte-Cristo, est de ceux-là. Jeune marin, âme candide et fils modèle, il semble promis au bonheur et à une brillante carrière dans la marine, quand soudain tout s’écroule.

1815. Louis XVIII rétabli sur le trône se heurte à une opposition dont l’Empereur, relégué à l’île d’Elbe, songe déjà à profiter. Ce dernier bénéficie de nombreuses sympathies.Napoléon s’inquiète du sort de sa femme et surtout de son fils qui est aux mains des Autrichiens. Le gouvernement royaliste refuse bientôt de lui verser la pension promise et des rumeurs circulent quant à sa déportation vers une petite île de l’océan Atlantiquesud. Napoléon décide donc de retourner sur le continent pour reprendre le pouvoir.

Dans Marseille livrée à la discorde civile, le moment est propice aux règlements de comptes politiques ou privés. Edmond Dantès, jeune officier prometteur, revient d’un voyage à bord du Pharaon, navire appartenant à l’armateur Pierre Morrel. Dantès a dû faire escale à l’île d’Elbe et communiquer avec Napoléon.

 

« Attendre et espérer », voilà toute la sagesse d’Edmond Dantès. Fier marin sur le point d’être nommé capitaine et d’épouser sa bien-aimée, Mercédès, il est arrêté. Trahi par des « amis » jaloux, il est dénoncé comme conspirateur bonapartiste.  C’est ainsi que le sans savoir pourquoi il est arrêté et conduit au château d’If… Après quatorze années, d’abord réduit à la solitude et au désespoir, il retrouve un espoir.

Son vieux compagnon de cellule, l’abbé Faria, en lui révélant son secret, l’a fait comte de Monte-Cristo.  Riche et puissant désormais, Dantès se fait passer pour divers personnages, dont le comte de Monte-Cristo.

Dantès mène une enquête discrète et vérifie tous les faits qu’avait déduits l’abbé Faria dans leur geôle. Puis il part pour l’Orient où il va, plusieurs années durant, étendre encore l’immense culture que lui avait donnée Faria, augmenter sa fortune colossale et mettre minutieusement au point sa vengeance.

Il fait retomber sa colère sur ses quatre ennemis :

Le premier est Fernand Mondego. C’est un  pêcheur catalan, l’un des dénonciateurs d’Edmond. Il est devenu comte de Morcerf et pair de France. Il épouse Mercédès en la convainquant de la mort d’Edmond.

Le second est le plus lâche et le plus méprisable, il s’agit de Danglars. Il a été comptable sur le navire le Pharaon, puis commis aux écritures, est jaloux de l’ascension rapide d’Edmond. C’est un arriviste et opportuniste. Il est devenu un banquier richissime grâce à la campagne d’Espagne et à ses conséquences qu’il a largement exploitées au profit de ses divers trafics et spéculations.

Le troisième est un carriériste  qui ne recule devant rien. Il s’agit de Gérard de Villefort, substitut du procureur à Marseille, nommé très rapidement procureur du Roi à Paris grâce à sa dévotion et aux faveurs dont jouissent ses beaux-parents auprès du roi. Il jette Edmond en prison en sachant que celui-ci est innocent pour protéger son père et sa propre carrière.

Le dernier est Gaspard Caderousse, voisin de Dantès, ancien tailleur ruiné après l’arrestation d’Edmond, devenu propriétaire de l’Auberge du Pont-du-Gard. Il témoigne auprès de « l’abbé Busoni » : ce sont Danglars et Fernand qui, en sa présence, ont provoqué la chute d’Edmond, et donc la mort de son père, en écrivant et adressant la lettre de dénonciation. Il savait tout et n’a rien dit à l’époque de l’arrestation de Dantès.

Monte Cristo arrive à ses fins en jouant sur leurs désirs de pouvoir, de fortune amoureuse et financière, il exhume leurs méfaits passés et leur tend des pièges complexes auxquels ils sont bien incapables d’échapper. A l’inverse, il rétribue tout aussi généreusement ceux qui furent fidèles au jeune marin et à son vieux père sans ressources.

Il s’agit d’un roman très complexe et très riche qui vous captivera du début à la fin.  Il illustre le génie français ainsi que la fresque historique post napoléonienne.

 

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