Maurice Druon est né le 23 avril 1918, à Paris. Neveu de Joseph Kessel, il est l’auteur du Chant des partisans, hymne de la Résistance française durant la Seconde Guerre mondiale. Au lendemain de celle-ci, il se consacre à sa carrière littéraire et publie Les Grandes familles, pour lequel il obtient le Prix Goncourt en 1948. Il décède en avril 2009. On lui doit la célèbre saga des Roi maudits, que les amateurs de Fantasy aiment à comparer au Trône de fer, mais la saga française lui est bien supérieur de par son authenticité historique. La saga des Rois Maudits retrace l’histoire des derniers capétiens en n’épargnant ni leurs défauts ni leurs qualités.

Le décor est vite planté, il s’agit de la France du XIV eme siècle après les croisades. Le royaume gouverné à Paris est le théâtre de bien des dénouements.

Sous le règne fructueux de Philippe le Bel, la petite monarchie capétienne est devenue une dynastie respectée qui dirige le royaume le plus riche et le plus peuplé d’Europe. Un règne marqué par deux grandes affaires : le conflit avec la papauté et le procès des templiers. Mais qui voit également un accroissement du pouvoir royal, un développement de l’administration et une extension du domaine royal. A cette époque  s’ouvre, contre les Templiers, le plus vaste procès dont l’Histoire ait gardé le souvenir.  Jacques de Molay, le grand-maître de l’Ordre, meurt sur le bûcher en lançant sa terrible malédiction contre le roi de France, le pape et les grands du royaume : « Maudits, tous maudits jusqu’à la treizième génération de vos races ! ».

Dès lors, le malheur s’abat sur la France. Les quatre derniers Capétiens directs meurent en moins de quinze années : adultères, meurtres, procès, trahisons ébranlent la dynastie, et mènent à la guerre de Cent Ans. Les puissants seigneurs qui détiennent le pouvoir, qu’ils soient rois, ducs, comtes, barons, papes ou évêques, sont souvent décrits comme égocentriques, avides d’honneurs et d’argent, voire cruels.

Ils se battent  tous pour l’obtention de titres prestigieux (pair de France) et de fiefs (Artois, Navarre). Les seigneurs de l’époque mènent grand train de vie, dépensent leurs revenus et s’endettent sans compter auprès d’hommes d’affaires, tel les banquiers lombards. Ces derniers en profitent pour leur vendre des marchandises coûteuses et utiliser leurs confidences pour se livrer à des spéculations rémunératrices.

La malédiction passe les frontières et c’est le royaume d’Angleterre qui se verra touché par les conséquences politiques de France.

Druon bâtit sa trame sur l’histoire réelle, sur les légendes promues réalités historiques et sur les personnalités de l’époque, de 1314 jusqu’aux débuts de la guerre de Cent Ans. Il raconte en filigrane l’épopée de Robert d’Artois qui cherche à récupérer son comté, et la romance de Marie de Cressay avec Guccio Baglioni, banquier de Sienne issu de la grande famille des Tolomei. Des personnages célèbres font leur apparition, parfois en rôle central, parfois de façon périphérique, comme Pétrarque qui décrit Avignon, la ville des papes, comme un lieu de corruption, et son ami Dante.

L’auteur montre l’absence d’intérêt et même le mépris des puissants pour un peuple affligé par les impôts, la guerre, les pillages et les viols. Robert d’Artois, neveu de Charles, n’hésite pas à ravager les terres d’Artois, fief de son grand-père dont il revendique la possession contre Mahaut (voir La loi des mâles, puisqu’il faut nous résoudre à la guerre). Les meurtres et les viols qu’il commet ne suscitent en lui que l’amusement de repeupler la contrée par des roturiers issus de son sang.

Cette saga plonge le lecteur dans une époque de l’histoire française caricaturée par le politiquement correct. Néanmoins la richesse de la production littéraire de Druon convaincra le lecteur de la complexité de cette période.

 

 

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